"On ne soigne pas un patient. On soigne avec lui."
Emma Cholet s’installe comme kinésithérapeute au Centre Médical Simonis de Pulse Clinics, à Koekelberg. Formée à la HE2B ISEK, elle pratique une kinésithérapie active, où le patient n’est pas allongé en attendant que ça passe. Nageuse et coureuse, elle défend une idée simple : la rééducation marche quand elle se fait à deux.
L’image d’Épinal de la kinésithérapie, c’est un patient allongé pendant qu’on lui masse le dos. Vingt minutes de passivité, un peu de chaleur, et rendez-vous la semaine prochaine. Emma Cholet n’exerce pas ce métier-là. « Le plus important, c’est que le patient soit actif dans son traitement. »
Une formation bruxelloise taillée par le terrain
La HE2B ISEK — l’Institut Supérieur d’Enseignement en Kinésithérapie de la Haute École Bruxelles-Brabant — forme des kinésithérapeutes à Bruxelles. Sa particularité : un volume de stages cliniques important, réparti sur des services très différents.
Emma Cholet en parle comme de l’élément déterminant de son parcours. « Une super école, où j’ai pu faire beaucoup de stages dans de nombreux services qui m’ont beaucoup plu. » Neurologie, gériatrie, pédiatrie, kinésithérapie du sport : quatre terrains qui n’ont ni le même rythme, ni les mêmes patients, ni les mêmes objectifs.
Cette diversité façonne une manière de travailler. Un kinésithérapeute qui a rééduqué un patient après un AVC, accompagné une personne âgée dans la reprise de la marche, pris en charge un enfant et préparé un sportif à une reprise ne raisonne pas en protocole. Il raisonne en situation.
Une kiné active, pas une kiné subie
La discipline a profondément changé ces dernières années, et pas seulement dans ses techniques. C’est le rôle du patient qui s’est déplacé. « Que ce soit une collaboration pour se soigner », résume-t-elle — une phrase qui dit beaucoup sur sa manière de concevoir la séance.
Son approche assume cet équilibre : de la thérapie manuelle quand elle est indiquée, mais une dominante active — mouvement, renforcement, réapprentissage du geste. Le patient n’est pas un corps qu’on manipule, c’est quelqu’un qui réapprend à utiliser le sien.
Avec une conséquence directe sur la construction du traitement : « Je propose vraiment des prises en charge individuelles, personnelles, en fonction des objectifs et des besoins spécifiques des patients. » Pas de protocole appliqué à l’identique. Un objectif défini avec la personne, et un chemin tracé pour l’atteindre.
« Le plus important, c’est que le patient soit actif dans son traitement. Que ce soit une collaboration pour se soigner. »
Emma Cholet, Kinésithérapeute — Centre Médical Simonis de Pulse Clinics
Venir avant la blessure, pas seulement après
La plupart des patients poussent la porte d’un cabinet de kinésithérapie une fois le mal installé : une cheville tordue, un dos bloqué, une épaule douloureuse. C’est la réalité du métier, et elle ne la conteste pas. « En général, on vient plus si on a un problème. »
Mais elle insiste sur l’autre moitié, celle dont on parle beaucoup moins. « On peut aussi venir chez un kiné en prévention — un sportif, par exemple, afin de ne pas se blesser. » Analyser une foulée avant qu’elle ne provoque une tendinopathie, corriger un déséquilibre de force avant qu’il ne devienne une déchirure : c’est moins spectaculaire qu’une rééducation post-opératoire, et infiniment moins coûteux pour le patient.
Nageuse et coureuse à pied elle-même, elle parle de sport en connaissance de cause. Un kinésithérapeute qui s’entraîne comprend de l’intérieur ce que représente une saison interrompue.
Pourquoi un centre, et pas un cabinet isolé
Sur ce point, sa réponse est immédiate. « J’ai toujours voulu travailler en équipe. »
Deux choses comptent pour elle dans un centre pluridisciplinaire. La première, c’est l’accès direct au médecin : « pouvoir communiquer facilement et directement avec le médecin, et avec les autres professionnels de santé ». Un doute sur une prescription, une évolution inattendue, une douleur qui ne ressemble pas à ce qu’on attendait — la réponse arrive dans la journée, pas dans trois semaines.
La seconde est plus rare, et souvent sous-estimée : la présence d’autres kinésithérapeutes. « Le fait d’avoir plusieurs kinés dans le centre pour discuter de pathologies éventuelles et s’entraider, c’est hyper enrichissant. » Dans un métier où l’on exerce le plus souvent seul face à son patient, pouvoir confronter un cas difficile à un confrère dans la pièce d’à côté change la qualité de la prise en charge.
Le vrai obstacle quand on se lance : la patientèle
Le temps médical, cette ressource rare
On parle beaucoup de la formation d’un kinésithérapeute. Beaucoup moins de ce qui se passe le jour où il ouvre son cabinet. Et c’est pourtant là que se joue l’essentiel. C’est précisément ce que change un centre médical de quartier. Au Centre Médical Simonis, les patients sont déjà là. Ils viennent voir leur généraliste, leur dentiste, leur pédiatre et quand une prescription de kinésithérapie est nécessaire, le kinésithérapeute est au bout du couloir. Pas de prospection, pas d’attente, pas de pari sur le bouche-à-oreille.
Il y a enfin l’argument dont les praticiens parlent peu publiquement mais qui pèse lourd au quotidien : le temps passé à ne pas soigner. Dossiers mutuelles, encodages, gestion des rendez-vous, changements de planning, relances.
« Le plus important, c’est le moment avec le patient, le moment où on soigne. Ça aide vraiment de ne pas devoir se préoccuper de tous les petits aspects qui prennent du temps en dehors. »
Chez Pulse Clinics, ces fonctions sont mutualisées : accueil et secrétariat sur place, prise de rendez-vous en ligne via Rosa, facturation et dossiers mutuelles gérés par les équipes administratives, locaux et matériel fournis. Pas comme un service annexe, comme la condition pour que le praticien exerce le métier pour lequel il a été formé.
Quand consulter un kinésithérapeute ?
Après une blessure ou une douleur installée : entorse, lombalgie, cervicalgie, douleur d’épaule, suites d’opération, rééducation neurologique.
Mais aussi en prévention, notamment si vous êtes sportif : analyse du geste, préparation à une reprise ou à une compétition.
Une prescription médicale reste nécessaire pour bénéficier du remboursement INAMI. Elle peut être établie par votre médecin généraliste y compris au sein du centre.
Emma Cholet
Kinésithérapeute diplômée de la HE2B ISEK. Kinésithérapie active, thérapie manuelle et kiné du sport : lombalgies, cervicalgies, douleurs d’épaule, rééducation post-opératoire et neurologique, prévention des blessures. Consultations les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 18h.
Vous êtes praticien ?
Vous cherchez un cadre pluridisciplinaire où la collaboration n’est pas un slogan, mais une réalité quotidienne.
